Spleenysphère

"La sérénité ne peut être atteinte que par un esprit désespéré, et, pour être désespéré, il faut avoir beaucoup vécu et aimer encore le monde". [Blaise Cendrars].
Religion.
2 Septembre 2008 à 8h56
Bachir m'a appelée hier d'une cabine téléphonique, nous avons discuté près de deux heures, il semblait triste de ne pas être à mes côtés, se sentait faible, me répétait ses sentiments, et je n'avais qu'une envie, être auprès de lui. Cependant, je vis bien la séparation. Je sais qu'elle n'est que temporaire, que dans quatre jours nous serons ensemble, alors je ne me sens pas mal. Ce sera probablement différent par la suite, quand nous devrons attendre deux, trois semaines pour nous voir... Nous discutions un peu avenir, il me disait ne pas vouloir vivre en France plus tard. Je lui ai donc (...)
Séparations longues durées.
31 Août 2008 à 11h59
Il dort, et dans quelques heures, il montera dans le train qui l'emmènera dans la ville qui l'accueillera une année. Une nouvelle fois séparés, mais pour peu de jours cette fois-ci, seulement cinq. J'irai le retrouver pour deux semaines. Il sera en cours la journée mais je pourrais au moins le voir tous les midis, les soirs ainsi que le week-end, ce qui est déjà bien et toujours mieux que rien. Après, je me rendrai dans mon nouveau chez moi - à 600 kms du sien - pour ma rentrée. J'ignore la prochaine date de nos retrouvailles, je sais juste qu'entre le moment où je l'aurai quitté pour partir (...)
Comme une veille de rentrée.
28 Août 2008 à 13h59
J'ai peiné à m'endormir hier soir... Du mal à me dire qu'enfin, nous sommes arrivés au terme de cette séparation, et que demain, il arrive ! Je me sens fébrile. Tendue. Comment m'habiller. Devant la glace, ne pas me trouver à mon goût, mettre un t-shirt noir, oui, mais peut-être trop décolleté... Un blanc... c'est déjà mieux, plus étincelant... mais non. Quelle coiffure... attachés, détachés... Il y a longtemps que je ne m'étais posé ces questions. J'ai peur qu'il ne soit pas à l'aéroport. J'imagine très bien la situation. Le hall se vidant petit à petit, et moi, seule en son centre, guettant (...)
L'homme sans visage.
27 Août 2008 à 10h30
Il y avait un immense escalier, et, sur le côté, une rampe glissante, protégeant les passants du vide, colossal. En bas, une étendue d'herbe, puis, un cours d'eau. Au lieu d'emprunter l'escalier, je me suis assise sur la rampe, me laissant porter... mais ma direction a dévié et j'ai chuté sur une centaine de mètres. Je voyais le sol approcher dangereusement, mais, ce que je redoutais le plus, c'était la frontière d'avec l'eau. Je ne voulais pas y chuter, je ne voulais pas me noyer. Je me suis arrêtée à un ou deux mètres de l'eau, mais mon élan m'y a précipitée. Avant la chute, je marchais (...)
Attendre de quelqu'un.
26 Août 2008 à 20h30
Attendre de quelqu'un, c'est, de manière certaine, se préparer à la déception. Et plus l'on attendra, plus l'on sera déçu. Cette idée n'est pas rassurante, pourtant, on ne peut la nier... Pour moi, être préparé à une chose ne l'amortit en rien. Je sais que pour certains, le fait que les choses soient claires dès le début joue un rôle par la suite, car, étant avertis, leur garde n'est jamais totalement levée. Moi je n'y arrive pas, je laisse facilement tomber mes armes. Je suis très vulnérable en amour, sans parvenir à en démêler les raisons. Aujourd'hui, j'ai repensé à Vincent, avec un (...)
Cœur.
22 Août 2008 à 9h09
Retire une plante de la terre, celle que tu veux, oranger ou fougère, et vois le déchirement que tu provoques. La terre qui la porte est soulevée, fissurée, elle tente de se retenir à la plante, quelques grammes y parviennent, ils resteront aggripés jusqu'à ce que tu décides de la passer sous l'eau. Alors tout ce dernier espoir, toute cette terre tournera, rapidement, plus faiblement, puis sombrera dans la bouche de l'évier, parcourera des kilomètres d'égoûts sales, nauséabonds, et finira par plonger dans la mer. Mais la mer est salée, et les blessures infligées par le long et sinueux passage (...)
Neuf jours.
19 Août 2008 à 20h19
On a tous déjà rêvé de revenir en arrière. On a tous au moins une fois déploré un passé. Pourquoi. Parce que c'était bien et qu'on voudrait y revenir. Parce qu'on a peur de ne plus le retrouver. Quoi, qui ? Toujours une chose différente. Que doit-on faire lorsqu'on aime une personne et qu'on ne désire qu'une chose, être avec elle, et que cette nécessité est contrariée. Je ne sais pas. Je ne sais vraiment pas. Comment faire sans lui. Je ne veux pas pleurer. Il est rentré chez lui tout à l'heure. Nous sommes partis quelques jours en vacances, c'était bien, évidemment. Tout ce qui s'est passé (...)
Delirium tremens.
7 Août 2008 à 18h26
Depuis cet été, j'ai vraiment l'impression de "débloquer". Disons que la situation est propice au développement de ce que Bachir nomme mon "monde imaginaire". Je le vois peu, nous n'avons passé aucune soirée ensemble depuis fin juin compte tenu de ses horaires, il me manque, quand je le vois le moment est toujours bref et manque à mon goût d'intensité, je dors toutes les nuits avec un homme duquel je doute. Je ne me sens pas rassurée, je me demande continuellement si son amour est présent, et, par dessus tout, je crains d'être ennuyante. Ajouté à cela le fait que je ne sache pas quoi faire de (...)
Fontaine.
29 Juillet 2008 à 18h17
Je ne suis pas heureuse. L'amour que je lui porte est source de joie, mais la fontaine de mes sentiments est plus souvent emplie de larmes. Je l'aime trop, c'est excessif, et cette démesure m'ôte toute confiance. Je ne me sens pas rassurée. Objectivement, je ne crois pas que ce ne soit qu'une sensation. Il ne me sécurise pas. Il n'est pas là lorsque j'ai besoin de lui, son écoute n'est pas toujours présente et qui plus est, je suis sûre qu'il ne cherche pas à me comprendre. Je ne comprends pas ce qu'il fait avec moi. Je voudrais du concret. Les mots ne suffisent qu'un temps. Je doute. Je (...)
Et ainsi de suite.
27 Juillet 2008 à 13h44
Je suis arrivée à Bernac en septembre passé. Septembre, octobre, novembre, décembre, et je me suis mise avec Bachir. Les quatre mois précédents, j'ai tout enchaîné. La vie étudiante en classe prépa. Je n'étais plus la même. Je n'avais jamais bu, j'ai commencé à boire, les soirées défilaient. Je suis sortie avec neuf gars, juste pour des soirées, juste pour m'amuser. Avec l'un, je suis restée deux semaines, il m'a largué le lendemain où nous avons couché ensemble. Ça a été une vraie claque. Je me suis remise en question, j'ai vu que ma vie ne ressemblait à rien, que je délirais complètement. (...)
Poison.
19 Juillet 2008 à 23h11
J'attends que Bachir rentre du travail. Une heure à patienter... Derrière ces trois petits points se cache une réelle précipitation : je veux le voir. Aujourd'hui est vite passé. Quand il est parti, vers 17 heures, je me suis couchée. C'est ma mère qui m'a réveillée en entrant dans ma chambre peu avant 21 heures. Mes parents ne me voyant pas dans la maison, ils me croyaient partie. Ce n'est pas la première fois qu'ils ont cette impression. On dirait qu'ils imaginent toujours que je vais fuir sans prévenir. Parfois, ma mère se sent étrangère, elle a l'impression que je ne lui fais pas (...)
Ad augusta per angusta.
11 Juillet 2008 à 19h26
J'aimerai pouvoir me projeter quelques mois en avant. Où serais-je l'an prochain ? La page prépa s'est tournée pour moi, cela fait un peu plus de quinze jours désormais que j'ai quitté Bernac, et je n'y retournerais pas. J'entre en deuxième année de fac fin septembre. Sur la liste des possibles, deux villes sont à envisager, à moins que je ne décroche mon concours, qui me mènerait dans une troisième ville, ou encore que je ne suive Bachir dans la ville (aujourd'hui inconnue) où il intègrera son lycée. Je me moque du lieu où je serais, je souhaite juste être proche de Bachir. J'ai du mal à (...)
Et mon âme à genoux.
3 Juillet 2008 à 18h31
Une parole et tout repart. Hier soir, en rentrant de son travail, Bachir a su prononcer les mots que j'attendais. Parfois, je me dis que les filles sont si prévisibles, que leurs attentes sont si faciles à deviner qu'il me semble incompréhensible que les hommes – en général – aient tant de mal à les comprendre. On entend souvent dire que les filles sont compliquées, pourtant, il suffit vraiment de peu pour les rendre heureuses. Justement, le fait qu'elles aient l'habitude d'avoir affaire à des "nigauds" (j'entends par là, peu réceptifs à leurs attentes) fait que les moindres gestes dits (...)
Try again.
30 Juin 2008 à 12h51
Pas mal de stress en ce moment. Beaucoup d'appréhensions. Des choses graves peuvent se passer durant le mois à venir pour Bachir. Des conséquences d'actes commis répréhensibles. Je me fais vraiment du souci pour lui, pour nous. Si tout tourne mal, je ne sais pas s'il pourra rester en France. Outre le fait que cela sera – évidemment – pénalisant pour ses études, je ne parle même pas de notre histoire (et des problèmes que cela pourrait lui causer...) Alors j'espère, je croise les doigts. Pour ce qui est de son job d'été, nous avions compris qu'il aurait trois jours de congé par semaine, en (...)
Ma monomanie.
29 Juin 2008 à 11h10
Je l'aime à en crever, je l'aime bien plus que je ne m'aime moi, je l'aime à ne plus voir que cela, et lorsqu'il n'est pas là ma vie est suspendue, mon temps est attente, mon esprit par lui obsédé. Il est ma délivrance et mon étau, le blanc et puis le noir. Et lui, m'aime-t-il ? Cela fait trois mois que nous vivons ensemble, il a quitté l'internat pour habiter avec moi. Aujourd'hui que la prépa est terminée, nous sommes tous les deux chez moi, chez mes parents, à Jarnac. Je crois qu'il est impossible qu'il m'aime à la mesure de mon amour : je ne le sens pas torturé. Il me dit son amour et au (...)
Mon travers.
27 Juin 2008 à 13h19
Cela fait un peu plus de cinq mois que je suis avec Bachir. Aujourd'hui, ma vie se résume en son nom. Il est au-dessus de toutes mes préoccupations, il accapare mon esprit, canalise mes sentiments, est ma priorité. Je suis incapable d'aimer avec mesure. L'amour m'aveugle, me rend faible, fait de moi un sujet au sens propre du terme. Je ne crois pas que cela soit une bonne chose : toute dépendance est dangereuse. Pourtant je ne suis pas sans le savoir, je sais bien quels sont les risques de l'attachement : la réversibilité de l'amour. Je suis incapable de freiner mes sentiments pour autant. Je (...)
Un de ces gars qui ne pleure jamais.
29 Février 2008 à 13h14
La première fois que j'ai rencontré Bachir, j'étais soûle. Joli préambule. Il s'est occupé de moi dans ma chambre en compagnie d'un de ses camarades, Jésus, et d'une amie à moi, elle-même bien alcoolisée. J'ai un long moment tint sa main entre la mienne ; je n'étais pas bien. C'était le soir du 17 novembre, et c'est à compter de ce jour là que nous avons commencé à nous saluer et à échanger quelques bribes, lorsque nous nous croisions au lycée. Je l'avais trouvé gentil. Je ne le connaissais pas, ni même Jésus, et ils avaient pris soin de moi quelques heures, au lieu de profiter de la soirée (...)
He tenido una larga discussion con Oriol que me dice que...
23 Juin 2007 à 22h37
Je n'arrive pas à dormir… Comme j'ai emprunté une sorte de Pléiade à échelle réduite ce matin à la bibliothèque, j'ai entamé « Nana » de Zola (le volume contient l'œuvre précédemment citée, « Pot-Bouille », « Au bonheur des dames » et « La joie de vivre »), mais je ne parviens pas à être toute à ma lecture, des préoccupations diverses venant brouiller mon attention. Vendredi 21, pour la deuxième année consécutive, j'ai passé la Fête de la musique en compagnie de Dina et Maëlle. L'année dernière, la soirée s'était terminée sur un malheureux quiproquo, aussi n'avais-je pas prévu de réitérer (...)
Garde-fou.
18 Juin 2007 à 12h01
Quand j'ai le spleen, allongée sur mon lit, souvent en train de lire un roman, je n'ai qu'une envie, persistante : me lever, aller attraper la boîte cachée sur le dessus de mon armoire, l'ouvrir, décacheter le paquet de tabac, m'enivrer dans un premier temps de cette odeur singulière que je ne reconnaissais pas auparavant mais qui est aujourd'hui si imprégnée en moi que je crois parfois la respirer dans la rue. Je voudrais ensuite émietter la résine à l'aide de mon briquet, sortir une feuille du paquet OCB, rouler la chose, l'allumer, tirer... partir. Pourtant je ne le fais jamais. Je me (...)
Discussions de comptoir.
18 Juin 2007 à 11h24
Les gens se plaignent lorsqu'il pleut. Les gens râlent, les gens pestent, « il ne fait pas beau ! » ; « décidément, on n'aura pas eu un joli mois de juin ! » ; « c'est quand même pas de chance ! ». La météorologie et ses discussions de comptoir passionne. « Les gens » passent leur temps à se plaindre ; et lorsqu'on leur parle d'écologie, bien sûr, ils maudiront la sécheresse qui les empêche de laver leurs voitures, rend brûlant leur été et flétrit leurs pelouses. A plus forte raison, ils manifesteront leur mécontentement (passif, toujours !) sur la glace qui fond, la pollution, la (...)