Cela fait un peu plus de cinq mois que je suis avec Bachir.
Aujourd'hui, ma vie se résume en son nom. Il est au-dessus de toutes mes préoccupations, il accapare mon esprit, canalise mes sentiments, est ma priorité.
Je suis incapable d'aimer avec mesure. L'amour m'aveugle, me rend faible, fait de moi un sujet au sens propre du terme. Je ne crois pas que cela soit une bonne chose : toute dépendance est dangereuse. Pourtant je ne suis pas sans le savoir, je sais bien quels sont les risques de l'attachement : la réversibilité de l'amour.
Je suis incapable de freiner mes sentiments pour autant.
Je ne commande plus rien lorsque ses yeux croisent les miens. Mon cœur se serre lorsque je le regarde, je sens l'amour frémir, bouillonner au fond de moi, et alors toutes ces mises en garde s'envolent, et ne reste plus que le désir d'être toujours à ses côtés.
J'ignore s'il en sera ainsi toute ma vie, j'ignore si les désillusions me frapperont et feront évoluer ma conception amoureuse.
J'aime sans parcimonie, j'aime à en pleurer tant la tristesse côtoie parfois l'amour.
Aimer me fait négliger tout ce qui n'est pas l'Autre, aimer me rend mélancolique.
Même la mort aux trousses ne m'arrêtera pas
Jusqu'à ce que tu m'ouvres la porte de tes bras