Je suis arrivée à Bernac en septembre passé. Septembre, octobre, novembre, décembre, et je me suis mise avec Bachir. Les quatre mois précédents, j'ai tout enchaîné. La vie étudiante en classe prépa. Je n'étais plus la même. Je n'avais jamais bu, j'ai commencé à boire, les soirées défilaient. Je suis sortie avec neuf gars, juste pour des soirées, juste pour m'amuser. Avec l'un, je suis restée deux semaines, il m'a largué le lendemain où nous avons couché ensemble. Ça a été une vraie claque. Je me suis remise en question, j'ai vu que ma vie ne ressemblait à rien, que je délirais complètement. C'était n'importe quoi.
Un mois après je me suis mise avec un autre garçon que j'ai laissé tomber quatre ou cinq jours plus tard. Il était gentil, compréhensif, mais je ne me sentais pas bien.
Puis j'ai voulu tout arrêter, arrêter les bêtises, mais j'ai continué. Comme si c'était plus fort que moi, comme si j'avais besoin de tout ça pour me sentir exister.
D'aussi loin que je me souvienne, je crois que je n'ai jamais eu confiance en moi.
Et il y a eu Bachir. Il m'a plu tout de suite, je voulais tellement le séduire, je ne le connaissais pas et pourtant je me sentais attirée par lui.
Avec les antécédents que j'avais, il ne me prenait pas pour une fille sérieuse. J'ai voulu lui montrer qui j'étais, j'ai voulu redevenir la fille que j'étais avant Bernac.
J'ai arrêté de boire, j'ai arrêté de sortir, je me suis retirée. Personne n'a compris ce revirement, jusqu'à la fin de l'année scolaire on me tannait pour que je sorte, "une dernière fois", mais je n'ai plus jamais voulu.
Tout ce qu'il y avait eu avant ne m'intéressait plus, je voulais juste me ranger.
Bachir a mis du temps à me faire confiance, et je le comprends. Mais je n'oublie pas qu'il m'a laissé une chance.
Je lui disais que le passé n'était pas le présent, que toutes les choses que l'on avait pu faire ne façonnaient pas l'actuel, que nous pouvions tous changer.
Sans lui, je ne sais pas ce que je serais devenue.
Je pense que la "vie étudiante" n'est qu'une passade. Je n'arrive d'ailleurs pas à comrpendre comment des jeunes peuvent passer des années entières de beuverie.
J'avais envie de connaître ça, mais je me suis lassée en l'espace de quatre mois.
J'ai tellement profité que ça a fini par me dégoûter.
Aujourd'hui, cela fait plus de six mois que je suis avec Bachir et tout a changé. C'est lui et lui seul. Je n'ai plus envie de rien si ce n'est de notre amour.
Il rythme ma vie et dans un mois nous allons être à plus de 600 km l'un de l'autre. J'ai tellement peur que cela ruine notre amour...
Je me connais, je sais que je peux l'attendre, je sais que c'est ce que je veux, mais j'ai peur que la distance le fasse s'éloigner de moi.
Mes amies me disent que ce sera une bonne épreuve, que si nous ne résistons pas à cette année, à ces quelques mois l'un de l'autre, cela prouvera que nos sentiments n'étaient pas si forts que cela. On peut voir les choses ainsi, mais cela ne me rassure en rien.
J'espère que tout ira bien.