Spleenysphère

Neuf jours.

Mardi 19 Août 2008 à 20h19

On a tous déjà rêvé de revenir en arrière. On a tous au moins une fois déploré un passé. Pourquoi. Parce que c'était bien et qu'on voudrait y revenir. Parce qu'on a peur de ne plus le retrouver. Quoi, qui ? Toujours une chose différente.
Que doit-on faire lorsqu'on aime une personne et qu'on ne désire qu'une chose, être avec elle, et que cette nécessité est contrariée. Je ne sais pas. Je ne sais vraiment pas. Comment faire sans lui. Je ne veux pas pleurer.
Il est rentré chez lui tout à l'heure.
Nous sommes partis quelques jours en vacances, c'était bien, évidemment.
Tout ce qui s'est passé cet été, mes doutes, mes craintes, envolées, et une réponse. C'est le job qu'il avait durant ce mois et demi qui provoquait tout cela, j'avais l'impression que quelque chose clochait, mais au final je me suis aperçue que c'était cet emploi du temps.
Nous nous voyions peu, nous étions fatigués parce que nous bossions.
Je l'ai retrouvé inchangé durant ces jours tout juste passés.
Nous sommes bien ensemble, je le sais, je l'ai vu.
Mais en septembre ? En sept mois de relation, nous n'avons été séparés que deux semaines, deux semaines ! Aux vacances de février, et durant celles d'avril. Le reste du temps, ensemble, à se connaître, s'aimer.
Il revient dans neuf jours, j'irai le chercher à l'aéroport, là où je l'ai laissé aujourd'hui.
Mais je n'irais pas le chercher pour l'emmener et le garder auprès de moi encore plusieurs mois. Seulement deux ou trois jours, et il partira pour sa rentrée scolaire dans la ville où je n'habiterais pas.
Pour l'instant, je suis supposée aller faire mes études à un peu moins de 700kms de lui. Tout est en règle. Logement, inscription.
Mais j'ai peur. Comment tenir. Se voir toutes les trois semaines ?
A Barcelone, nous sommes tombés sur la Rambla sur deux personnes de Bernac, par hasard. Un couple. Quelques nouvelles échangées. Les deux se retrouvent dans la même ville, pour leur poursuite d'études.
J'imagine qu'ils vivront ensemble, et je les envie.
L'herbe est toujours plus... etc.

A quand notre tour ? Viendra-t-il ? Je l'espère.
Je vais postuler pour une fac à moins de 100km de sa ville. C'est le mieux que je puisse faire.
Si je suis acceptée, que faire ? L'envie d'y aller, en se disant qu'en une heure de train je pourrais le retrouver, mais la peur d'affronter les parents, réticents.
Ils pensent que cette année doit être une année de "sacrifice", que nous devons privilégier nos études. Ils n'ont pas tort. L'année qui arrive est importante pour nous deux.
J'ai terriblement peur de les contrarier.
Et je sais que la fac proche de Bachir est moins prestigieuse.
Alors j'hésite.
Et je me trouve contradictoire. Vouloir être au plus près de lui, et en même temps craindre cette option, d'un point de vue scolaire et familial.

Où est ma place ? Qui peut décider pour moi ? Je sais bien qu'il n'y a que moi, mais je n'y arrive pas, je n'avance pas.
Je suis folle de ce petit chéri, vraiment. J'aimerais que tout soit plus simple, comme cette année.
Est-ce que je suis trop jeune pour penser à tout ça ? Mes amies ne pensent pas encore à vivre avec leur copain, pourquoi moi oui ?
Je n'ai que 18 ans, moi aussi.
Mais je l'ai déjà vécu ces derniers mois.
Difficile de regresser, difficile de passer à autre chose.
Sans lui tout est difficile, fade.
Sa main dans la mienne et tout ira bien, mais aujourd'hui sa main n'est pas là, elle est à des milliers de kilomètres, je la retrouverais bientôt, je le sais, mais si peu de temps...
C'est dur pour moi, je suis triste et soucieuse.